Laboratoire interdisciplinaire des énergies de demain

De la cellule végétale aux perceptions scientifiques : une exploration multiscalaire et interdisciplinaire de la sensibilité des plantes

Date

20 Jan 2026

Heure

14h00 - 18h00

Lieu

Amphitéatre Pierre Gilles de Gennes
10 rue Alice Domon et Léonie Duquet, 75013 Paris

Thèse de Lucia Sylvain Bonfanti

Sous la direction de François Bouteau et d’Étienne Grésillon

Résumé

Malgré des découvertes biologiques autour de la sensibilité des végétaux au XIXe siècle, nos
sociétés occidentales ont continué à considérer les plantes suivant le paradigme aristotélicien,
celles-ci étant essentiellement perçues comme insensibles et considérées comme une ressource.
Depuis le début du XXIe siècle, ce sujet connaît un renouveau significatif, porté à la fois par les
sciences naturelles, les sciences humaines, et les acteurs de la médiation scientifique.
Inscrite dans une démarche interdisciplinaire, cette étude de la sensibilité végétale se déploie à
plusieurs échelles : de la cellule, à la plante entière, jusqu’à celles des pratiques sociales et
scientifiques. En tant que biologiste, il s’agit de chercher à comprendre les capacités des plantes à
percevoir, intégrer et répondre à des stimuli extérieurs. Cette recherche a été menée en essayant
de mettre en évidence les effets d’un anesthésique, la lidocaïne, sur des cellules végétales et sur
des plantes entières. L’effet ubiquiste des anesthésiques sur l’ensemble vivant, déjà connu depuis
les travaux de Claude Bernard, interrogent la question de la sensibilité de tous les vivants et donc
les frontières établies entre les règnes du vivant. Ce positionnement a structuré ma démarche :
faire l’expérience de la biologie pour mieux saisir ce que ces pratiques biologiques produisent en
termes de compréhension de la sensibilité des plantes. En tant que géographe, le travail a mis en
place différentes méthodes d’analyse quantitatives et qualitatives (analyse de discours,
questionnaire, entretien) pour explorer les cadres épistémiques de la sensibilité du végétal
construit par des chercheurs de différentes disciplines.
Cette démarche empirique originale croisée a permis de mettre en dialogue différents niveaux
d’analyse et registres de savoirs, en articulant pratiques de laboratoire et discours scientifiques
sur le monde végétal. Ce travail soutient une pratique concrète de l’interdisciplinarité, non comme
injonction formelle ou alignement conceptuel, mais comme exploration modeste,
méthodiquement articulée, destinée à ouvrir des pistes plus que donner des réponses.

Mots clés

Plante ; sensibilité ; interdisciplinarité ; multiscalaire ; représentations

Summary

Despite biological discoveries about plant sensitivity in the 19th century, Western societies
continued to view plants through the Aristotelian paradigm, perceiving them essentially as
insensible and considering them primarily as a resource. Since the beginning of the 21st century,
this topic has undergone a significant revival, driven by the natural sciences, the humanities, and
actors involved in science communication.
Situated within an interdisciplinary approach, this study of plant sensitivity unfolds across several
scales: from the cell, to the whole plant, and up to the level of social and scientific practices. As a
biologist, the aim is to understand the ability of plants to perceive, integrate, and respond to
external stimuli. This research was conducted by seeking to reveal the effects of an anesthetic,
lidocaine, on plant cells and on whole plants. The ubiquitous effect of anesthetics on living
organisms, already known since the work of Claude Bernard, raises questions about the sensitivity
of all living beings and thus about the boundaries established between biological kingdoms. This
perspective shaped my approach: engaging directly with biological experimentation in order to
better grasp what these biological practices produce in terms of understanding plant sensitivity.
As a geographer, the work relied on several quantitative and qualitative methods (discourse
analysis, questionnaires, interviews) to explore the epistemic frameworks of plant sensitivity
constructed by researchers from different disciplines.
This original cross-empirical approach made it possible to bring into dialogue different levels of
analysis and bodies of knowledge, linking laboratory practices with scientific discourses on the
plant world. This work supports a concrete practice of interdisciplinarity, not as a formal
injunction or conceptual alignment, but as a modest, methodically articulated exploration
intended to open pathways rather than provide definitive answers.

Keywords

Plant; sensitivity; interdisciplinarity; multiscalar; representations

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