Laboratoire interdisciplinaire des énergies de demain

Date

28 Jan 2020
Expiré!

Heure

14h00 - 17h00

Les joies de la contrainte ?

Nous organisons nos vies dans une illusion d’infinitude des ressources, largement bâtie sur l’exploitation d’énergies fossiles. Quant à eux, les écosystèmes naturels ont fait preuve de durabilité à l’échelle des milliards d’années car ils fonctionnent sous contrainte de finitude des ressources et de flux d’énergie photosynthétique. Si l’on peut espérer qu’une humanité durable puisse exister, ne devrait-on pas aussi faire l’éloge des contraintes qui sont en grande partie dures et que nous ne décidons pas ? Ce séminaire vise à illustrer la manière dont les contraintes physiques et biophysiques pilotent le couplage entre matières et énergie dans le monde et caractériser des possibilités socio-psychiques ou imaginées pour un monde durable.

14h00 Christophe GOUPIL (Physicien, LIED, Université de Paris Diderot)

Titre : Contrainte et relâchement de contrainte : Les joies de la Thermodynamique

Les principes de la thermodynamique s’imposent à tous les systèmes, le vivant ne faisant pas exception. Les contraintes qui en découlent définissent les bordures d’un cadre à l’intérieur duquel se développent les possibles. Subir les principes de la thermodynamique, les assimiler, en utilisant des voies parfois subtiles ou parfois grossières, telles sont les défis auxquels est confronté l’ingénieur, tout autant que la nature dans l’évolution du vivant. Les différentes modalités de couplage entre l’énergie et la matière permettent d’explorer l’espace des possibles. A la vision mécaniste idéalisée d’un monde sans frottement, se substitue alors celle de la thermodynamique où qui peut le plus ne peut pas nécessairement le moins, et où l’idéal n’existe pas dans un temps fini. Cette approche thermodynamique nous permet d’envisager d’autres regards dès lors que l’on considère ses extensions sociotechniques, qui elles aussi trouvent un cadre et des bornes. L’exposé en présentera quelques exemples en évitant l’écueil des métaphores superficielles.

14h30 Roland LEHOUCQ (Astrophysicien, LCEG, CEA)

Titre : Ecofictions vues par les contraintes

Résumé : La science-fiction semble être une littérature de la démesure. Mais, en cherchant à dépasser les contraintes du réel elle les explicite aussi. Elle imagine lesconséquences de leur oubli et permet, par exemple, de redécouvrir l’enjeu et les conditions de l’habitabilité terrestre. Ses déplacements dans le temps et dans l’espace sont riches d’expériences et d’ouvertures inspirantes qui pourraient aider à réfléchir sur les manières collectives de prendre en charge les défis environnementaux.

15h30 Sophie de MIJOLLA-MELLOR (Psychanalyste et philosophe,

Laboratoire de Psychanalyse, CRPMS, Université de Paris Diderot)

Titre : Quête de satisfaction et défis civilisationnels

Face au déni de la part d’une majorité de la société quant aux défis civilisationnels qui nous entourent se pose la question des forces psychiques qui animent individus et sociétés au point de les rendre aveugles face aux limites des capacités de la Nature et donc des conséquences de la course au profit. On sait que les pulsions sexuelles et agressives qui nous habitent doivent être contenues et en partie refoulées pour permettre la vie en société. Peut-on considérer les impasses civilisationnelles actuelles comme le signe d’un échec du refoulement nécessaire ? Quelle part pourrait tenir la culture comme possibilité de dériver les buts pulsionnels sans pour autant perdre leur intensité ? Et plus généralement, peut-on se fonder sur les mécanismes individuels pour imaginer une régulation sociale permettant d’échapper aussi bien à la restriction et au refoulement qu’à la déliaison pulsionnelle avec ses conséquences ?

16h Débat final. Animatrices : Florence Leclerc (Biologiste, LIED) et Sabina Issehnane (Economiste, LIED)

 

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